DEVELOPMENT Islam Le Hajj... il y a 50 ans !

Le Hajj… il y a 50 ans !

[…] Nous vous invitons, le temps d’un article, à voyager dans le temps avec nous pour découvrir, ou redécouvrir comment cette illustre adoration s’accomplissait pour nos grands-parents.

Le trajet

Un groupe de pèlerins se rendant à la Mecque en bus, en 1953 (Photo : National Geographic Magazine)
Début du voyage ! Si aujourd’hui un Paris-Jeddah se fait en 8 heures, dans le temps les choses étaient différentes. L’aviation n’étant pas aussi développée qu’aujourd’hui, les pèlerins se rendaient en terre sainte par voie terrestre et/ou maritime. Les pays limitrophes (Yémen, Jordanie, Irak, Koweït…) venaient ainsi généralement par bus.

Les pistes d’atterissage n’avaient pas grand chose à voir avec celles d’aujourd’hui !
Il arrivait aussi, pour certains pèlerins, surtout les plus aisés, que les déplacements se fassent par petits avions ou aéronefs, souvent des pays voisins également pour rester sur de courtes distances

Un groupe de pèlerin au départ de l’Algérie, en 1911 (Photo : “La vie quotidienne à La Mecque” de S. Zeghidour)
Les pays africains quant à eux, du Maghreb à l’Afrique subsaharienne, venaient généralement en bateau en transitant par l’Égypte ou le Soudan jusqu’à Jeddah, accompagnés de leurs bêtes à sacrifier.
Les pèlerins qui venaient par bateau étaient souvent chargés car ils avaient fait long voyage et restaient en plus longtemps avant de revenir chez eux. Le #Hajj était parfois l’affaire de plusieurs mois !Par la suite, les moyens de transports se sont développés. En 1981 l’aéroport international King Abdul-Aziz à Jeddah est inauguré et commence à accueillir les pèlerins du monde entier. Mais les moyens de transports « traditionnels » comme le bateau ou les bus sont toujours usités, notamment pour le transport de bétail.

Les pèlerins chargés et en tenue d’ihrām (sacralisation) arrivent au Port Islamique de Jeddah
Par la suite, les moyens de transports se sont développés. En 1981 l’aéroport international King Abdul-Aziz à Jeddah est inauguré et commence à accueillir les pèlerins du monde entier. Mais les moyens de transports « traditionnels » comme le bateau ou les bus sont toujours usités, notamment pour le transport de bétail.

1ère image : moutons du sacrifice arrivant de Nouvelle-Zélance, d’Australie ou d’Angleterre. 2ème image : groupes de pèlerins d’Afrique qui atterrissent à l’aéroport King Abdul Aziz en 1988

“STOP : zone restreinte, seuls les musulmans sont autorisés”
Arrivés à la Mecque, les pèlerins pouvaient voir aux portes du périmètre sacré ce genre de grands panneaux interdisant l’entrée aux non-musulmans, comme le veut la règle en Islam. Aujourd’hui, ils sont remplacés par les panneaux de signalisation sur l’autoroute.
Tout autour de la Mosquée Sacrée se trouvaient à disposition des pèlerins des hôtels aux côtés des habitations des Mecquois…

Hôtels et habitations mecquoises juste en face de la Mosquée Sacrée de la Mecque (on peut apercevoir le minaret en bas à gauche). Localisation de rêve !
…ainsi que des marchés. Les rues bien vivantes ont toujours été l’apanage de la Mecque, d’hier à aujourd’hui !
Dans une des rues de la Mecque, une mosquée de style ottoman est visible (à gauche), signe parmi tant d’autres de la gestion des mosquées sacrées par le califat Ottoman pendant de longues années.

Rue piétonne à la Mecque. Peut-être Ibrahim Al Khalil ?
Les commerçants plaçant leur étalage à même le sol dans les rues mecquoises.
Allāh a dit vrai lorsque, décrivant le Hajj, Il dit: “Et fais aux gens une annonce pour le Hajj. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné, pour participer aux avantages qui leur ont été accordés” (sourate 22, Al-Hajj, versets 27/28)
Ibn Abbās dit, expliquant les avantages mentionnés dans ce verset : « Ce sont les marchés ». Et Mujāhid dit : « C’est le commerce ainsi que ce qui satisfait Allāh parmi les choses de ce monde et de l’au-delà » (“Tafsīr Al-Baghawi”).
Les portes de la Mosquée Sacrée datant du califat Ottoman, donnant l’accès à l’enceinte, où se trouve la Kaaba. Encore une fois, le style architectural et calligraphique ottoman est facilement reconnaissable. Depuis, ces portes ont été détruites à cause de l’extension de la Mosquée.
Ici, une image de la Kaaba, entourée de quatre dômes représentant les quatre écoles juridiques en Islam, qui accueillaient les savants de chaque école pour répondre aux questions des visiteurs. Remarquez comme c’est vide ! On est en 1953, soit il y a 65 ans !
On aperçoit ici à nouveau les dômes ainsi que le minbar de l’imam pour le vendredi. Tous ces éléments ont aujourd’hui malheureusement disparu.
Le drap de la Kaaba, en arabe Kiswa, est relevé, comme le veut la tradition, tous les ans à la moitié du mois de Dhul Qi’da (un mois avant le Hajj), pour annoncer le pèlerinage, et pour le préserver des pratiques de certains pèlerins qui pourraient s’y frotter indécemment, à cause de mauvaises croyances.
Par le passé les pèlerins pouvaient rentrer à l’intérieur de la Kaaba par la porte. Mais au vu du flux important de pèlerins aujourd’hui c’est devenu impossible ; ainsi, les responsables de la Mosquée Sacrée laissent ce privilège aux personnalités religieuses (savants, dignitaires…)
Sur ce cliché, on peut apercevoir la station d’Ibrahim au premier plan sous sa cloche dorée. La porte de la Kaaba est ouverte pour accueillir une délégation importante. En bas à droite, un groupe d’eunuques abyssins, serviteurs de la Mosquée depuis le Moyen Âge. La photo est un peu plus récente que les précédentes (années 1980), ce qui est visible à la tenture relevée différemment ainsi qu’à la construction de la Mosquée, différente après sa rénovation et son élargissement par le royaume saoudien en 1925.

Les déplacements des pèlerins en 1953 se faisaient généralement… par charrettes, tractées par des chevaux ! On est loins de l’époque des taxis.
Le 8 du mois de Dhul Hijja marque le début des rites Hajj. Les pèlerins se dirigent avec leurs bêtes vers Mina, pour passer le lendemain à la plaine d’Arafat jusqu’au coucher du soleil (un des piliers du Hajj).
Les tentes étaient vétustes et la chaleur parfois étouffante ! Rien à voir avec les tentes climatisées et matelassées que nous fournissons aujourd’hui à nos pèlerins. Qu’Allah récompense nos anciens pour leurs sacrifices !
Arafat est une vaste plaine avec en son centre un monticule, Jabal ar-Rahma (mont de la clémence). On y campe le 9ème jour jusqu’au soir, pour y invoquer, prier… C’est l’un des moments les plus importants du pèlerinage ; tellement important que le Prophète ﷺ a dit : “Le Hajj, c’est ‘Arafa” (rapporté par Muslim).

En 1953 on pouvait camper jusque devant le mont. Aujourd’hui c’est impossible d’y trouver ne serait-ce qu’une place !
Au coucher du soleil les pèlerins quittent Arafat et se dirigent vers Muzdalifa pour y passer la nuit, puis le lendemain (10 Dhul Hijja) retour à Mina pour y accomplir la plupart des actes du Hajj: lapider les stèles, sacrifier sa bête, se raser la tête et enfin Tawaf al-Ifada.

Dans les années 50 les stèles étaient de petites obélisques, mais aujourd’hui elles sont immenses !
Les trois stèles (en arabe : Jamarāt) symbolisent la tentation de l’homme par le diable : elles font référence à l’histoire rapportée qui cite que le diable vint tenter trois fois notre prophète Ibrāhīm ﷺ de désobéir à l’ordre d’Allah lorsqu’Il lui ordonna de donner son enfant en sacrifice ; et Ibrāhīm ﷺ le lapida à trois reprises avec sept cailloux chaque fois. La symbolique est donc de lapider le diable et l’empêcher de nous tenter de désobéir aux ordres d’Allāh.

Il arrive même que les pèlerins perdent leurs chaussures dans la mêlée ! Sûrement signe qu’ils sont vraiment furieux contre le diable
Après la lapidation vient le rite du sacrifice, un des plus importants également (d’ailleurs le 10ème jour dans lequel c’est réalisé est surnommé « Yawm an-nahr », soit le jour du sacrifice). Aujourd’hui il est difficile d’immoler soi-même, mais par le passé les pèlerins le faisaient, et des marchés étaient disponibles sur place.
Les carcasses des sacrifices sont ensuite transportées pour être offertes aux pauvres de la Mecque… Eh oui, c’est aussi ça le Hajj : partage et abnégation !
Le sacrifice est suivi par la désacralisation en se rasant ou se raccourcissant les cheveux, acte symbolique de soumission à Allah marquant la sortie de l’état de sacralisation propre aux rites.

Vue aérienne du Masjid-al-Harām, la Mosquée Sacrée de la Mecque, aux alentours des années 80
On retourne par la suite à la Kaaba pour y tourner sept fois, ce qu’on appelle “Tawaf al-Ifadha”, suivi du sa’yi (sept allers-retours entre les monts Safā et Marwa) pour ceux qui ont opté pour la formule de Tamattou’ (Omra+Hajj dans le même voyage).Les

Allers-retours entre le mont As-Safā et Marwā, qui venait d’être pavé quelques années auparavant par le roi Abdul-Aziz

Après Tawaf al-Ifadha, les pèlerins reviennent à Mina pour y rester durant les 3 derniers jours (nommés «jours du Tashrīq» littéralement séchage de viande car c’était le jour où les pèlerins faisaient sécher la viande de leur sacrifice pour la conserver); et lapider les 3 stèles.
Et c’est ainsi que les rites du Hajj touchent à leur fin, ainsi que cet article !
Qu’Allah accepte de tous les pèlerins et qu’Il l’accorde à tous les musulmans du monde, amine !
CRÉDITS : Photos couleur : National Geographic Magazine Photos noir et blanc : La vie quotidienne à La Mecque »S. Zeghidour éditions Hachette
Source : Facebook, Tawhid Travel, le mercredi 8 août 2018

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